Traversant la forêt de châtaigniers pour rejoindre la gare, un prêtre, Emmanuel Colombe, et son enfant de chœur, Franc Larose, apprenti-forgeron, imaginent l’ordinateur qui n’existe pas encore :

« Tu vois le bitouniou tout en haut de l’écran …

Le quoi ?

Le bouton.

Je vois une pin-up sur une plage. C’est ça l’écran ?

Oui, tu es au bon endroit ! Dans le ciel, au dessus de la Marie

-Antoinette…

-Madeleine

-Line. Au beau milieu, il y a un bouton carré,

nickelé

gris souris

noir charbon

Un bouton ce n’est pas rond ?

Tu appuis dessus et tu vois apparaître un panneau publicitaire. Bleu chardon.

clic

Mais des euros, moi je n’en ai pas !

Voilà : c’est tout le nœud de l’histoire.

Mais on a notre écu, « l’égaré dans la quête » !

Il n’est pas a nous, je l’ai glissé dans la fente

d’un cochon

d’un rocher.

de la boîte a don de la croix rouge.

Maintenant, celui qui veut le retirer, il a intérêt a s’accrocher.

Il nous faudrait

un aimant

un dissolvant de roche qui n’attaque pas le nickel.

une épée.

Et bien trempée, non pas un opinel a pieds de champignons !

Heureusement qu’a l’impossible nul n’est tenu comme dirait…

Vous pourriez ralentir avec vos carrés qu’on ne sait pas ce qu’il y derrière  ?

Qu’on dirait un robot.

Que je n’ai pas besoin d’aide.

Que c’est tout ? Parce que j’ai ma mission secrète.

Non : tu vois le drôle de bitouniou en haut à gauche de l’écran, strié de trois traits blancs horizontaux… Avec la tête d’un carré ?

Encore ! Allons plutôt cueillir des euros. Ça pousse comment et où ? En rond ? En carré ? En rectangle ?

Fanfan, tu es impayable !

Mon père ! Celle là elle est drôle !

Clique ! Bouffon royal !

Cliquer quoi ?

Ou claque ! Magicien de foire !

Claquer qui ?

Sur la croix a droite en bas du panneau publicitaire, il disparaîtra et tu pourras nous lire du Auxmères Danltexte.,

clic

clac

«  :Oyez Mesdames Mesdemoiselles Messieurs C’est ICI où, tension, je demande toute votre attention, sur ce site située en haut et a gauche, s’ébauche

la ligne Maginot

la ligne de démarcation

la ligne de départ

Voyez Mesdames Mesdemoiselles Messieurs trois lignes blanches, horizontales, semblables a la douce écume de trois vagues, trônent, comme sur une mer plate.

Piquez avec flèche tapez avec doigt ! Cliquez et recliquez, que le cliquetis cliquette  jusqu’a atteindre le panneau blanc « Les conditions », a gauche qui alors

s’ouvrira

ou pas

restera invisible.

clic

clac

clic

clac

« Clic-clac ». c’est le son emblématique du débarquement : celui du cricket des parachutistes de la 101eme division aéroportée.

Haut de 15 millimètres, long de 48 et large de 25, le cricket est une lame de laiton chromé de forme parallélépipédique qui émet un claquement une fois pressé. À l’origine, il s’agit d’un petit jouet sonore produit par la société britannique The acme, très répandu à l’époque.

Comment un jouet pour enfant se retrouvât-il entre les mains des paras américains ? En 1943 lors des opérations en Sicile, le commandant Taylor, futur général commandant la 101e division aéroportée américaine s’aperçut qu’il était parfois difficile pour un soldat de reconnaître l’uniforme du militaire le plus proche au cours des missions nocturnes. Il eut alors l’idée d’utiliser ce jouet pour que ses hommes s’identifient. Si l’autre parachutiste répondait par deux clics, il s’agissait d’un ami. L’identification sonore permettait ainsi de s’annoncer, et parfois de garder la vie sauve.

Quelques jours avant le débarquement de Normandie, les hommes de la fameuse 101e division aéroportée reçurent à nouveau le cricket en dotation. Certains le pendirent à leur cou quand d’autres le glissèrent dans la poche de leur veste. Lors des opérations de la nuit du 5 au 6 juin 1944, les parachutistes « cliquetèrent » dans le bocage normand.

Sauf que… les américains n’avaient pas songé que le fusil allemand, le mauser 98K, émettait un son identique lorsqu’une balle était éjectée de la culasse. D’où de funestes méprises… Afin d’y parer, un code vocal vint compléter le dispositif : « Flash », sommation à laquelle camarade devait répondre « Thunder ». D’autres moyens d’identification existaient également : fumée (colorée ou non), panneaux, lumière ou encore drapeaux.

Le film Le Jour le plus long a largement contribué à faire connaître cet instrument, notamment lors de la séquence où John Wayne, qui incarne le Lieutenant-Colonel Benjamin H. Vandervoort présente un cricket à ses hommes.

Auteur : Carine Bobbera – Direction : DICoD
Sources : Ministère des Armées